Plus de blé ?? (1/2)

Mais qu’est-ce que je vais manger???

Ne vous inquiétez pas, vous n’allez pas mourir de faim, et même, vous allez découvrir de nouveaux plaisirs gustatifs. Parce que ne plus manger de blé va vous pousser à intégrer d’autres ingrédients à votre alimentation.

Mais avant de vous donner des petits conseils alimentaires et vous proposer des alternatives à vos spaghettis et vos biscottes du matin, je vais vous expliquer en quelques mots pourquoi il est vraiment important de ne plus manger de blé… du tout !

Avant tout je tiens à préciser que, bien sûr, je ne remets pas en question le fait que la culture du blé a permis à l’Homme de se développer, d’explorer le monde et de ne pas mourir de faim grâce à cette nourriture abondante et transportable. Le blé est profondément lié à la culture occidentale, et même aux religions ; le blé est ancré dans les sous-couches psychiques comme un produit bon et même miraculeux !

Mais il faut savoir que nos ancêtres ne mangeaient pas le blé que nous mangeons aujourd’hui, et surtout, pas préparé de la même manière. Les techniques de préparations anciennes nécessitaient une longue période de fermentation qui permettait de casser les protéines non digestes pour notre organisme et de nourrir la céréale de bonnes bactéries, si précieuses pour notre santé intestinale.

Aujourd’hui la préparation des farines est faite directement à partir de la graine fraîchement cueillie, et tous nos aliments sont préparés à partir de ces poudres de graines brutes, auxquelles on rajoute des produits chimiques. Et ces graines n’ont plus rien à voir avec le blé ancestrale.

Il faut savoir que la culture du blé et sa présence dans notre alimentation se sont développés pour des raisons commerciales ces 100 dernières années. Peu cher à produire, le blé est maintenant présent en grande quantité sous des formes dont vous n’avez même pas idée.

Faisons un peu d’histoire pour comprendre comment nous en sommes arrivés là.

Aux Etats-Unis vivait au début du XXe siècle le Docteur Kellogg (oui, celui-là même qui, avec son frère, a inventé les corn flakes). Il pensait que l’alimentation était le premier médicament (il avait raison sur ce point mais est parti dans de mauvaises directions !) et que l’Homme devait avoir un régime pauvre en gras, sans viande, et riche en glucides (première erreur !).

Comme à cette époque les gens mangeaient peu de céréales, (et qu’il en produisait lui-même…) il a décidé de trouver un moyen de rendre cette consommation plus facile. Il a donc créé les céréales du petit déjeuner (granola, corn flakes…) de façon à ce que les gens trouvent des céréales facilement consommables et peu périssables, et la viande végétale (à base de céréales évidemment !). A coup de grandes publicités innovantes pour l’époque, il a réussi à faire changer les habitudes de consommation des américains, à savoir, remplacer les oeufs bacon ou le porridge à la crème par des céréales avec du lait écrémé (deuxième erreur !).

A même moment, le Docteur Ancel Keys travaillait sur le lien entre maladies cardio-vasculaires et alimentation. Il voulait prouver que la baisse de la mortalité par maladie cardiaque était directement liée à la baisse de la consommation de gras. Il a réalisé une étude à travers 21 pays, mais n’a choisi d’en retenir que 7 pour sa présentation (en effet les autres n’ont pas confirmé son hypothèse !). C’est ainsi que la diabolisation du gras débuta et que la promotion des céréales (glucides) du petit déjeuner commença.

Enfin dans les années 50, Norman Borlaug, agronome américain, est mandaté par la fondation Rockefeller pour sélectionner des variétés de blés et les croiser afin d’obtenir des variétés à haut rendement. C’est ainsi que de nouvelles espèces vont apparaître avec des rendements parfois triplés, des épis fabricant moins de foin et donc baissant les coûts d’exploitation, et des grains contenant plus de gluten donc permettant de créer des aliments plus volumineux.

Nous voilà dans le trio infernal qui nous conduit à la généralisation de la culture du blé (enfin de son cousin hybride) pour des raisons économiques.

La pyramide alimentaire a été modifiée pour répondre à l’agro-alimentaire. On a placé les produits céréaliers en partie basse à la place des légumes afin de pousser les gens à consommer plus de glucides à travers tous les produits à base de blé. On a attiré des générations entières en vendant des produits peu chers et peu périssables. On produit aujourd’hui suffisamment de blé pour nourrir 11 milliards de personnes, hors nous ne sommes que 8 milliards sur la planète ! Cette surproduction entraînant une baisse drastique des coûts, on retrouve aujourd’hui du blé PARTOUT !

Première pyramide alimentaire proposée en 1992 par le Département de l’Agriculture des États-Unis.

En effet, je vous invite à lire les étiquettes de tout ce que vous achetez, vous pourrez voir du blé dans : les médicaments et les compléments alimentaires (huile de germe de blé, stabilisants, excipients…), les additifs, les arômes, les sucres industriels (fructose), l’acide ascorbique, la bière, les anti-agglomérants, les liants, les émulsifiants, les shampoings, les cosmétiques, le maquillage, les biocarburants… Et je suis sûre que j’en oublie !

« Les engrais artificiels (engrais synthétiques) mènent inévitablement à la nutrition artificielle, aux aliments artificiels, aux animaux artificiels et enfin aux hommes et aux femmes artificiels.”

Sir Albert Howard

Pensez aussi à l’impact de la généralisation de cette culture. Avant les années 50, les agriculteurs fonctionnaient sur le principe des cultures auto-régénérantes grâce à la variété des espèces cultivées et à la présence des animaux. La monoculture est plus vulnérable et nécessite plus de produits chimiques. Elle rend la terre stérile, son environnement plus fragile et produit des aliments plus faibles en nutriments. Sir Albert Howard, père de l’agriculture biologique, a dit ceci : « Les engrais artificiels (engrais synthétiques) mènent inévitablement à la nutrition artificielle, aux aliments artificiels, aux animaux artificiels et enfin aux hommes et aux femmes artificiels.”

Je finirai par un petit résumé rapide des effets du blé sur notre organisme (je reviendrai plus en détail sur le sujet dans la deuxième partie de cet article, je ne voudrais pas vous fatiguer si tôt !)

Nous verrons dans la deuxième partie, en plus des conseils alimentaires et des menus alternatifs, que le blé est à plusieurs niveaux nuisibles pour l’organisme. Il a en effet un impact sur notre flore intestinale, il fragilise nos intestins de manière insidieuse, il agit sur notre foie, notre cerveau et souvent sur notre peau, et il peut même agir comme une drogue !

Donc je vous laisse réfléchir à quelle place prend le blé dans votre vie, et espère ne pas vous avoir trop effrayés pour la suite à venir. Changer notre mode de vie ne veut pas dire changer pour avoir moins, mais changer pour avoir mieux.

Bienveillamment vôtre…

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